Yvette Théraulaz

LA FORÊT d'Alexandre Ostrovski

janv. 2009  LA FORÊT d'Alexandre Ostrovski

mise en scène Philippe Sireuil

Prête à tout pour assouvir sa soif d'amour. Au Théâtre de Carouge, Yvette Théraulaz incarne la veuve roublarde de La Forêt du Russe Ostrovski (1823-1886). Elle joue Gourmijskaïa, la cinquantaine et des ardeurs de jeune fille en fleur

lire la suite

Gourmijskaïa qui trompe son monde, sous ses airs de douairière provinciale. Elle ruse, elle manipule, elle est le théâtre à elle seule. Et voilà que dans un halo d'automne, elle tombe le masque, désarmée à en pleurer devant sa servante scoliosée (épatante Janine Godi-nas). «Ne t'arrive-t-il pas de ressentir quelque chose quand tu vois un jeune homme?» Et sa domestique de répondre en vieille peau impudique, indiquant du doigt son sexe: «Oui, comme un petit nuage.»
Cette Forêt est ainsi, elle brûle, griffe, touche. Mais qu'est-ce que ce classique russe traité en farce et avec brio par le metteur en scène belge Philippe Sireuil? Une comédie sentimentale a priori. Sur une scène lambrissée et pentue, Yvette Théraulaz, impressionnante, machine sa romance. Elle palpite pour un jeune nigaud qu'elle a recueilli. Elle lui destine sa nièce, Axiou-cha, pauvrette qu'elle fait marcher à la baguette, pense-t-elle, manière de garder auprès d'elle le joli garçon. Parallèlement, elle vend sa foret en morceaux à un I marchand. Celui-ci se trouve
avoir un fils, amoureux... d'Axioucha.
Voilà pour l'intrigue. Mais La Forêt, c'est plus que cela. C'est d'abord le tableau assassin, manière Gogol ou Flaubert, d'une société vaniteuse et sotte. Ce sillon, Philippe Sireuil le creuse avec bonheur. Faux-culs et ventres de foire rembourrent une humanité qui se voûte et se tord, comique à force d'être vilaine.
La Forêt, c'est surtout une merveille d'hymne au théâtre. Deux acteurs débarquent chez la Gourmijskaïa. Le premier s'appelle L'Infortuné (Philippe Jeu-sette, quel coffre ! ), le second Le Veinard (Fabrice Schillaci). Us n'ont pas un kopeck, mais mille tirades dans la mémoire. L'infortuné, qui est aussi le neveu de la veuve, se fait passer pour un officier. Démasqué, il crache son mépris à la face de sa tante et de son entourage qui s'offusquent. C'est ravageur. Lui s'amuse: sa philippique est extraite des Brigands de Schiller.
Tout se joue ainsi sur la pente d'un monde perdu. Seuls les saltimbanques échapperaient à la débâcle, souffle Ostrovski. L'art comme salut. Douze comédiens impeccables incarnent cet idéal. Alexandre Demidoff

Mise en scène Philippe Sireuil
de la pièce d'Alexandre Ostrovski (1871)

Interprétation
Christelle Alexandre (Térionka)
François Beukelaers (Karp)
Olindo Bolzan (Milonov)
Janine Godinas (Oulita)
Philippe Jeusette (Infortunatov)
Michel Jurowicz (Boulanov)
Jean-Philippe Lejeune (Vosmibratov)
Bernard Marbaix (Bodaev)
Grégory Praet (Piotr)
Fabrice Schillaci (Fortunatov)
Yvette Théraulaz (Gourmyskaia)
Edith Van Malder (Axioucha)

Scénographie Vincent Lemaire, Philippe Sireuil
Costumes Catherine Somers
Lumières Philippe Sireuil
Création des maquillages Catherine Friedland
Musique David Quertigniez
Assistanat à la mise en scène Christelle Alexandre
Perruques Catherine Friedland
Production Théâtre National de Belgique (Bruxelles)


« Yvette Théraulaz, la musique d’une vie » par Marie-Pierre Genecand

(publié dans Le Temps le oct. 2013)

« Ce dimanche, Yvette Théraulaz reçoit l’Anneau Hans Reinhart, la plus haute distinction théâtrale suisse. »

lire l'article


masquer le texte



HISTOIRES D'ELLES  / Spectacle musical d'yvette théraulaz

oct. 2008  HISTOIRES D'ELLES / Spectacle musical d'yvette théraulaz

Dramaturgie Yvette Théraulaz et Stefania Pinnelli / Mise en scène Jean-Paul Wenzel

Une voix pour toutes. Captivante, émouvante, drôle, jubilatoire, subjuguante. Yvette Théraulaz traverses ses Histoires d'elles avec force et délicatesse, ouvrant une fenêtre sur la condition féminine que l'on n'a pas envie, malgré ses "impossibilités", de refermer. Soutenue par trois instrumentistes (Noémie Cotton, Anne Gillot et Sara Oswald), la comédienne se montre brillante.

lire la suite

Sur les planches de la salle Gérard-Carrat, dans une mise en scène sobre et élégante de Jean-Paul Wenzel. Yvette Théraulaz évoque sa mère et se raconte elle-même. Elle le fait à travers ses propres textes, narratifs, poétiques ou analytiques, sur la triste beauté desquels elle greffe, inspirée, de nombreuses chansons. Le spectacle est total. Entre rires et larmes, Yvette Théraulaz vit, plus qu'elle ne joue, le drame de la modernité, tissé de douleur, d'espoir et d'intelligence. Une réussite confondante qui laisse augurer une délicieuse cinquantième saison au Théâtre de Carouge.
Emmanuel Pinget in Le Courrier 20 septembre 2007

Présentation du spectacle
Deux histoires s'enlacent, la grande et la petite. Elles se mènent de front. Aujourd'hui, une femme se souvient de sa mère et raconte, à travers elle, l'histoire des femmes et de leur lente émancipation. Car à l'âge de 20 ans, elle s'est aperçue que sa mère, jusque-là son modèle, était encore une mineure en politique, sans droit de vote à quarante ans passés. À partir de cette cassure, de cette révolte, Yvette Théraulaz a vécu les luttes féministes dès les années 70. Ses batailles pour les droits des femmes ont souvent passé par les chansons qu'elle a données à ses publics, textes qu'elle a écrits, musiques qu'elle a composées et aussi divers titres qu'elle a repris par exemple d'Anne Sylvestre. Femmes
Le point de vue d'Yvette Théraulaz s'est aussi exprimé dans sa trajectoire de comédienne, au Théâtre Populaire Romand, au Centre Dramatique de Lausanne et à travers le théâtre d'intervention politique. Dans ce nouveau spectacle en chansons, elle raconte des histoires toutes simples, de ses premières indignations, des instantanés repiqués de la vie quotidienne et des moments chaleureux de lutte, tirés de sa vie et rejoignant la grande Histoire de millions d'hommes et de femmes. Son approche tendre nous ouvre aussi à d'émouvantes perspectives.

Avec
Yvette Théraulaz, chant / Noémie Cotton, accordéon / Anne Gillot, clarinette basse et flûte / Sara Oswald, violoncelle, contrebasse et ukulélé

Dramaturgie Yvette Théraulaz et Stefania Pinnelli / Mise en scène Jean-Paul Wenzel / Arrangements et direction musicale Lee Maddeford / Scénographie David Deppierraz / Costume Cissou Winling / Eclairages Eusebio Paduret / Textes et musiques Yvette Théraulaz, Anne Sylvestre, Viviane Forrester, Georges Brassens, Jean Ferrat, Michel Berger, Guy Marchand, Jean Tardieu, Chritine Gailly.

Suite à la création triomphale du spectacle "Histoires d'Elles" au Théâtre de Carouge en 2008, Yvette Théraulaz, accompagnée de Noemie Cotton, Sara Oswald et Megumi Tabuchi part en tournée :

Théâtre de Vidy, Lausanne
du 28 octobre au 16 novembre 2008

Esprit Frappeur, Lutry
27, 28 février et 1er mars 2009

Comédie, Genève
7 mars 2009

Centre Culturel Régional, Delémont
8 mars 2009

Amphithéâtre Pt-Claix, France
10 mars 2009

Train Théâtre Ptes Valence, France
11 mars 2009

Rabelais Meythet, France
12 mars 2009

Halles de Sierre
14 mars 2009

Théâtre Benno Besson, Yverdon
17 mars 2009

Théâtre du Passage, Neuchâtel
du 19 au 22 mars 2009

Alambic, Martigny
26 et 27 mars 2009

La Gare aux Sorcières, Moléson
28 mars 2009


Histoires d'Elles


masquer le texte



LES CORBEAUX De Henry Becque

sept. 2008  LES CORBEAUX De Henry Becque

Mise en scène Anne Bisang

Anne Bisang l'avait annoncé: dans Les Corbeaux, "l'exagération agit comme un fabuleux moteur comique" et le résultat tiendrait plus de la satire que du drame réaliste. En effet, à la Comédie de Genève, c'est sur le mode expressif du cinéma muet que Madame Vigneron, YvetteThéraulaz, et ses trois filles se font déplumer. Le tout dans un décor de tapisseries, toiles et praticables en mouvement, qui scandent le plateau comme autant de rideaux baissés à la face de ces femmes spoliées.

lire la suite

Trop maniéré? Oui et non. Le recours chronique aux clins d'oeil empêche bien sûr de compatir au destin des héroïnes d'Henry Becque. De pleurer pour ces femmes qui représentent, à travers les époques, tous les grugés de la société. Du coup, par manque de profondeur, on s'ennuie un peu. Mais le parti pris ironique permet aussi d'alléger ce texte de 1876. Datée dans ses trémolos et ses développements longuets, la pièce n'aurait sans doute pas résisté à un traitement premier degré.
Henry Becque est, dit-on, le précurseur des auteurs réalistes. Un des premiers à avoir renié les mélodrames dont les scénarios flattaient la bonne bourgeoisie pour des récits plus crus traquant les bas agissements de son temps. De fait, la triste histoire de la veuve Vigneron et de ses trois filles restitue sans détour la voracité des hommes d'affaires, profitant de l'inexpérience des femmes pour les dépouiller. Architecte, notaire, entrepreneur, pas un de ces hommes à chapeau ne sauve l'honneur. Et le défilé de cette cupidité dans le salon de la veuve éplorée tient du siège forcené.
D'où l'idée du jeu expressionniste inspiré du cinéma muet, et de l'accompagnement au piano. Lee Maddeford, musicien ingénieux, suit à la perfection les états de stupeur des personnages. "Méfiez-vous de M. Teissier!" prévient la colossale Madame de Saint-Genis (Mireille Herbstmeyer, impériale). Le pianiste plaque un accord lugubre. "Méfiez-vous de votre notaire!" Deuxième salve discordante. "Occupez-vous de vos intérêts. Méfiez-vous de tout le monde!" Et le piano de trembler sous les doigts de son maître.
Cette manière de jouer des codes séduit. D'autant qu'à la réception de ces conseils définitifs, Yvette Théraulaz ne perd pas en humanité ce qu'elle gagne en effet de manches. La comédienne varie à la perfection les variations de voix, de ton. Les "oh", les "ah", mine pâmée et bras en croix, avec toujours derrière un cœur qui bat. Même jeu pour les filles. En tête, Marie (Lolita Chammah, la Salomé de l'an dernier). Elle observe, singe, parodie et finit par copier, trait pour trait, les expressions des nantis. Sa cadette, Blanche (Prune Beuchat), a moins de réussite. Son parcours flirte avec la folie. La troisième, Judith la butée, semble trop tenir en laisse son interprète (Lise Wittamer). Chez les prédateurs, on remarque d'abord la voix insensée de Teissier. Une crécelle, un tocsin. Et le comique décalé de ce comédien qu'on imagine sorti des Des-chiens; juste. Jean-Claude Bolle-Reddat a en effet travaillé avec Jérôme Deschamps et Mâcha Ma-keïeff, fins experts dans l'art de l'excès. François Florey en notaire gangster et Frank Semelet en artiste opportuniste trouvent la veine fourbe de leur personnage. Avec Charles Joris en bon père de famille, ils mettent de l'huile, du swing dans une forme volontairement corsetée.
Enfin, outre les bouleversantes modulations d'Yvette Théraulaz, on admire le décor d'Anna Popek. Cet assemblage vertigineux de praticables qui roulent et de toiles qui tombent, sur lesquels s'affichent des tapisseries pas si sages. D'ordinaire, rien à craindre clé ces motifs cadencés, formes abstraites qui rassurent par leur régularité. Ici, dans les subtiles lumières de Jean-Philippe Roy, chaque nouveau panneau qui descend ou se dresse signifie plus d'opacité pour les victimes affolées. La forêt du conte avec les loups, voraces, comme prédateurs. De quoi se méfier.
Marie-Pierre Genecand /Le Temps septembre 2008

du 30 septembre au 19 octobre 08 à la Comédie de Genève
du 3 au 5 février 2009 au Théâtre National de Bretagne/Rennes

avec
Yvette Théraulaz, Frank Semelet, Léa Pohlhammer et Fabien Ballif, Jean-Jacques Chep, Paulo Dos Santos, Jacqueline Ricciardi, Valerio Scamuffa, Pierre Spuhler, Anne-Marie Yerly, Matteo Zimmermann

Piano
Lee Maddeford

Scénographie
Anna Popek

Costumes
Paola Mulone

Création lumière
Jean-Philippe Roy

Musique originale
Lee Maddefort

Maquillage et coiffures
Arnaud Buchs

Collaboratrice artistique
Stéphanie Leclercq

Dramaturges
Stéphanie Janin & Arielle Meyer MacLeod

Régie générale
Edwige Dallemagne

Assistante stagiaire
Sophie Martin-Achard

Assistante costumes
Laurence Fleury

Photo
Hélène Tobler

Coproduction Comédie de Genève-Centre dramatique, Théâtre National de la Communauté française de Belgique
Soutien à la tournée de Pro Helvetia, fondation Suisse pour la Culture



masquer le texte



DOUX OISEAU DE JEUNESSE De Tennessee Williams

avril 2008  DOUX OISEAU DE JEUNESSE De Tennessee Williams

Mise en scène Andrea Novicov

Yvette Théraulaz incarne une star déchue au bord de la folie. L'actrice forme avec Frank Semelet un couple aussi narcissique que givré, obsédé par la grande illusion hollywoodienne.

lire la suite

Noces jouissives du cinéma et de la scène
Futur directeur du Théâtre populaire romand, Andera Novicov aime les univers visuels puissants. Il le prouve à la Comédie de Genève en orchestrant un Tennessee Williams où la dérive se projette sur écran géant. Vertigineux.

En toile de fond, une Amérique en proie à ses démons, le racisme et un puritanisme obscène. (…)
Marie-Pierre Genecand / Le Temps, 10 avril 2008.

avec
Yvette Théraulaz, Frank Semelet, Léa Pohlhammer et Fabien Ballif, Jean-Jacques Chep, Paulo Dos Santos, Jacqueline Ricciardi, Valerio Scamuffa, Pierre Spuhler, Anne-Marie Yerly, Matteo Zimmermann

Traduction
Laura Koffler et Philippe Adrien

Assistant au projet et dramaturgie
Pedro Jimenez Morras

Assistante au projet
Léa Pohlhammer

Scénographie
Thibault Vancraenenbroeck

Peinture décors
Valérie Margot

Création vidéo
Bastien Genoux

Réalisation vidéo
Le Flair

Lumière
Laurent Junod

Son
Jean-Baptiste Bosshard

Costumes
Anna Van Brée

Assistant costumes
Grégory Bourrilly

Maquillage et coiffures
Julie Monot

Maquillage vidéo
Nathalie Tanner

Production
Comédie de Genève


DOUX OISEAUX DE JEUNESSE


masquer le texte



Mephisto / Rien qu'un acteur de Mathieu Bertholet

janv. 2006  Mephisto / Rien qu'un acteur de Mathieu Bertholet

Mise en scène Anne Bisang

Yvette Théraulaz joue à la Comédie de Genève puis au Théâtre des Célestins à Lyon du 15 au 18 mars 2006 puis en nournée.
Photo Carole Parodi

lire la suite


page  ◄◄   2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15  ►►



copyright Yvette Théraulaz - conception et réalisation Fabrique d'images